Bah, de toute façon, faudra que je reprenne ce texte un jour pour le relire correctement. Je pense que je peux en faire quelque chose de cette histoire (quoi est une autre question

). Brefouille, un autre extrait de la même bestiole vu que la semaine passée, j'ai un peu abandonné L7F. A la base, ce texte était un défoulloir (ça se voit d'ailleurs) que j'ai décidé de replacer dans ce texte.
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Il courait à s’en rompre le cou. Tout autour – l’obscurité. Et le sifflement des balles.
Quand l’une d’entre elles l’atteignit à l’épaule, il sentit le feu parcourir ses veines et la souffrance obscurcir sa vision. Mais il ne ralentit pas.
Il savait que s’arrêter signifiait mourir.
Chaque foulée supplémentaire lui donnait une chance de s’en sortir.
Serrant son bras contre lui, il n’avait plus qu’une seule idée en tête – atteindre la grille. C’était sa seule chance.
Malgré les ténèbres, il la vit soudain. Là , juste à quelques mètres.
Sans ralentir, il se jeta dessus.
L’escalader ne fut pas une mince affaire avec un seul bras valide.
Alors que sa main tentait de s’accrocher pour ne pas tomber, il sentit le métal froid pénétrer sa chair. Des barbelés.
Comment avait-il pu les oublier ? Mais à présent, il n’avait le temps ni de les couper ni de les contourner.
Essayant de faire abstraction de la douleur qui se répandait à présent dans son autre bras, il réussit à basculer de l’autre côté. Sa jambe se prit dans les crocs de métal et il sentit sa chair se déchirer alors qu’il chutait de trois bons mètres.
Il se releva tant bien que mal. Il devait continuer. Ne pas s’arrêter.
Mais sa jambe blessée ne voulait pas avancer et ce n’est que par la force de la volonté qu’il arriva à atteindre le petit bosquet qui se trouvait là .
Derrière, il entendait les aboiements des chiens lancés à ses trousses.
Avancer.
Il savait que juste devant, une voiture devait l’attendre. Mais il fallait encore arriver jusque-là .
Pourquoi les arbres n’en finissaient-ils pas ?
Enfin, il crut distinguer une obscurité moins compacte que la broussaille alentour. Et il entendit les chiens se rapprocher.
En mobilisant ses dernières forces, il accéléra la cadence, ignorant son corps qui hurlait de douleur. Et il sortit enfin de l’abri des arbres.
Là , une route de terre battue s’étendait à n’en plus finir bordée de part et d’autre par des champs. Et rien d’autre.
Pas de voiture.
Le désespoir le fit s’arrêter net.
Il était fini. Plus aucun moyen de s’en tirer. Continuer à courir ne servirait à rien. Les chiens le rattraperaient en moins de temps qu’il ne faudrait pour le dire.
La seule chose qu’il pouvait faire était attendre la mort.
Il se retourna vers le bosquet et les ténèbres.
Aux aboiements étaient venues s’ajouter des voix humaines. Il vit la lumière des torches déchirer l’obscurité, se braquer sur lui.
Il ne fit pas un mouvement pour esquiver la balle qui l’atteignit à la tempe.