La Constance du Jardinier

*


Connexion avec identifiant, mot de passe et durée de la session

From the news...

Pages: [1]
Imprimer
Auteur Fil de discussion: Extraits de Sej  (Lu 243 fois)
Sej
Jardinier émérite
****
Messages: 415



Voir le profil WWW
« le: 08 Septembre 2009 à 22:56:42 »

Un petit morceau de La Septième Face datant de la semaine dernière, chapitre 8, il me semble (faut que je pense sérieusement à ranger mes fichiers...)

***

Le lendemain, le Crapaud eut la bonne idée de tirer Machin du sommeil avant même que le soleil ne daigne pointer le bout de son nez. Inutile de dire que l’humeur de celui-ci ne s’en trouva point améliorée. Oui, parce que la planche parsemée de paille qui lui avait servi de lit avait déjà bien commencé à l’entamer, sa bonne humeur.
En sortant dans l’air frais de la nuit seulement éclairée par de lointaines étoiles et les enseignes lumineuses, Machin soupira.
— Par là, dit le Crapaud qui avait ressorti sa carte.
Machin ne se sentit pas la force de contredire son guide et lui emboita le pas.
Il ralentit un peu en voyant que celui-ci prenait un chemin bordé de toutes parts par de la végétation mesurant deux fois sa taille.
— Elles sont inoffensives, dit le Crapaud sans se retourner.
Le vent choisit ce moment précis pour se promener dedans. Quant à la lune, elle sortit de derrière ses nuages pour donner une impression de vie à l’ensemble.
— Les Mordantes aussi, vous les disiez inoffensives.
— Les Mordantes sont… vous ne comprendriez pas. Enfin, celles-là ne font que pousser. Et dépêchez-vous, bon sang !
Machin le suivit prudemment. Et il ne put que constater que le Crapaud avait en effet raison. Les plantes étaient parfaitement inoffensives.
Le ciel commençait à s’éclaircir quand ils quittèrent le tunnel végétal pour déboucher sur une vaste étendue désertique. Le chemin continuait, mais il s’enfonçait presque aussitôt dans un tunnel d’un autre genre. Fait de métal, de bois et de tous les matériaux sur lesquels on avait pu mettre la main, il avait quelque chose de lugubre dans la semi-obscurité. L’horizon, lui, semblait bien trop proche. A l’entrée du tunnel, Machin nota la présence de la flore locale. Ou bien était-ce la faune ?
— Euh… dites ?
— Quoi encore ?
— Là, à l’entrée…
— Des pâquerettes.
— Mais…
— Zut !
Journalisée

Bélier
Administrateur
Les pouces verts
*****
Messages: 620


Voir le profil
« Répondre #1 le: 14 Septembre 2009 à 09:50:06 »

"Des pâquerettes"  Grimaçant  Dans le contexte, ça fait se demander ce qu'il a vu...

Faudrait vraiment que je me mette Ă  L7F. Enfin, une chose Ă  la fois n'est-ce pas !
Journalisée

Si tu n’as pas de maison, elle ne prendra pas feu
Et tu ne te battras jamais avec un ami, si tu n’as pas d'ami
Pense pour toi, décide pour toi : avoir ou ne pas avoir

http://belier.interrelie.info/
Sej
Jardinier émérite
****
Messages: 415



Voir le profil WWW
« Répondre #2 le: 14 Septembre 2009 à 11:53:32 »

Tout Ă  fait ! Ne nous dissipons pas, hein  Grimaçant
Journalisée

MAG.
Haricot dans du coton mouillé
*
Messages: 43



Voir le profil WWW
« Répondre #3 le: 14 Septembre 2009 à 14:29:42 »

C'est très intriguant cet extrait, et très agréable à lire à la fois ^^
Journalisée

Sej
Jardinier émérite
****
Messages: 415



Voir le profil WWW
« Répondre #4 le: 21 Octobre 2009 à 10:56:29 »

Bon, ce matin, j'aurais mieux fait de rester couchée. Ca m'aurait évité de faire planter ce topic et de virer un de mes extraits. Pour la peine, en voici un de L7F, chapitre 4bis parce que ma numérotation est trèèès bizarre en ce moment.

***

Le nouveau venu entra d'un pas léger dans le Parc et le traversa de sa démarche aérienne sans éveiller la vigilance de la flore. Machin se demanda pourquoi quand c'était lui qui passait, toutes ces saloperies de plantes formaient des coalitions pour le mordre.
- Machin Schauze ? demanda le visiteur en apercevant Machin sur le perron.
Les coins de sa bouche frémirent en prononçant ce nom, ce que Machin apprécia moyennement, mais il ne commenta pas.
- Oui.
- Ah, parfait ! s'exclama-t-il joyeusement. J'ai une convocation pour vous !
- Une convocation de ?
- De la morgue. J'crois qu'il faut que vous veniez pour le corps... euh, votre oncle.
- Ah.
Machin lui lança un regard suspicieux.
- Il s'est passé quelque chose ?
- Que voulez-vous qu'il se passe ? Ce n'est pas comme s'il allait se lever et...
Il stoppa et tenta de faire partir le sourire de son visage.
- Mes condoléances, au fait.
- Ouais.
- C'est pour un contrĂ´le de routine, j'crois bien.
Le sourire revint.
- Ah, et puis, il y a un inspecteur qui tourne autour aussi. J'sais pas trop c'qu'il cherche.
- Un inspecteur ? demanda Machin, surpris.
Etait-il possible que la mort de l'oncle ne soit pas naturelle ?
- Ouais, il demandait Ă  vous voir aussi.
- Quand ça ?
- Euh... tout de suite ?
- LĂ , maintenant ?
- Bah oui.
- Mais il commence Ă  faire nuit.
- Moi, j'fais que transmettre, hein. Mais j'peux vous y emmener, ajouta-t-il en désignant la transporteuse garée derrière le portail.
Le souci, c'est que ladite transporteuse était surtout garée derrière le Parc, Parc qu'il faudrait traverser deux fois de plus dans la journée. Mais c'était pour l'oncle, après tout. Il lui devait bien ça. Oui, il fallait qu'il mette toutes ses craintes vis à vis du Parc de côté pour le moment. Il fallait qu'il y aille, la tête haute, le pied sûr... Ou qu'il attende au fond du Manoir qu'on vienne le trainer de force ?
Pendant ce temps-là, son interlocuteur observait le Parc avec le plus grand des intérêts.
- Oula, dites, c'est la première fois que je vois autant de végétation dans un jardin. C'est quoi toutes ces plantes ?
- Des trucs à éviter d'approcher. On y va ? demanda Machin d'une voix chevrotante.
Journalisée

Sej
Jardinier émérite
****
Messages: 415



Voir le profil WWW
« Répondre #5 le: 06 Juillet 2010 à 21:31:46 »

Projet sans titre, ou avec un titre provisoire. 'Fin au choix quoi.

***

Il se secoua et fixa enfin le regard sur la chambre qui l’entourait. Ses yeux tombèrent alors sur l’épais rideau jaune tiré pour la nuit. Le soleil butait dessus, tentait de rentrer, mais n’arrivait finalement qu’à diffuser une douce lueur dorée sur les meubles fatigués et le tapis défraîchi.

Par le vasistas ouvert, il sentit l’air frais et humide de septembre pénétrer dans la petite chambre. Et malgré le soleil, on comprenait plus qu’on ne voyait que la saison chaude avait définitivement tiré sa révérence jusqu’à l’année d’après. À présent, l’atmosphère était chargée de senteurs de fumée sans qu’aucun feu ne brûlât. En repoussant le rideau, il fut presque surpris de ne pas apercevoir les teintes ocre des arbres sous la fenêtre.

Les gouttelettes, prisonnières de l’herbe, brillaient de mille feux sous le soleil qui commençait tout doucement son ascension vers le zénith. Les oiseaux piaillaient joyeusement dans les arbres. Encore un peu et ils allaient prendre le chemin du sud, ne se préoccupant ni de la neige ni du froid.

Anton referma la fenêtre et se dirigea vers le séjour. Là, le soleil matinal inondait largement tout l’espace, faisait danser les motifs du vieux tapis étendu sur le sol. Contre le mur commun avec la chambre, s’appuyait une bibliothèque massive regroupant tous les livres que Babouchka avait pu dénicher on ne savait trop où pendant les quelques décennies précédentes.

Il passa dans la cuisine où rien n’avait changé depuis pas loin de dix ans. La table bloquée contre la fenêtre derrière laquelle il se souvenait avoir passé de longs après-midi de pluie à observer des passants courir pour rentrer chez eux. Les tabourets qui avaient fini par s’écaler au fil des ans. Le buffet avec cette tache de brûlé qui lui avait valu une bonne correction à l’époque. Les placards suspendus au mur dont les portes grinçaient toujours en refusant obstinément de se fermer correctement. Le frigo qui menaçait de rendre l’âme avec des râles de plus en plus déchirants.

Mais, contrairement à ses souvenirs d’enfance, Babouchka ne se démenait plus du côté de la cuisinière à préparer ses éternelles confitures, ne râlait plus quand il venait traîner dans ses pattes, ne riait plus en écoutant les récits de ses escapades dans la cour. Cela faisait près de deux ans qu’elle s’en était allée, lui léguant cet appartement chargé de souvenirs et pourtant si vide.

Il mit une bouilloire sur le feu et versa deux cuillères d’un café soluble dans une tasse, coupa deux tranches de pain blanc et sortit un morceau de fromage du frigo qui en avait profité pour se réveiller et lancer un nouveau cri d’agonie. Quand la bouilloire se mit à siffler, il l’attrapa avec un torchon pour éviter de se brûler et versa le liquide fumant dans la tasse. Puis, il s’assit à côté de la fenêtre, à cette place qui avait toujours été la sienne et savoura ce moment de calme matinal.
« Dernière édition: 06 Juillet 2010 à 21:33:26 par Sej » Journalisée

Nao
Un petit coin potager dans le jardin
***
Messages: 136



Voir le profil WWW
« Répondre #6 le: 12 Juillet 2010 à 09:23:48 »

L'atmosphère que tu crées est vraiment sympa, surtout la fin du passage, avec l'entremêlement des souvenirs et du présent. Les actions sont banales et pourtant très bien décrites (le pain, la bouilloire).
Le début me convainc un peu moins, même si j'aime bien l'opposition entre plusieurs sensations : chaleur/froid qui arrive, douceur du soleil/objets vieillis par le temps... Je trouve toutefois que c'est un peu lourd, parfois, dans la formulation. Mais comme je l'ai dit la suite est plus fluide, donc ça va.
Journalisée

Sej
Jardinier émérite
****
Messages: 415



Voir le profil WWW
« Répondre #7 le: 12 Juillet 2010 à 19:45:11 »

Bah, de toute façon, faudra que je reprenne ce texte un jour pour le relire correctement. Je pense que je peux en faire quelque chose de cette histoire (quoi est une autre question Tire la langue). Brefouille, un autre extrait de la même bestiole vu que la semaine passée, j'ai un peu abandonné L7F. A la base, ce texte était un défoulloir (ça se voit d'ailleurs) que j'ai décidé de replacer dans ce texte.

***


Il courait à s’en rompre le cou. Tout autour – l’obscurité. Et le sifflement des balles.

Quand l’une d’entre elles l’atteignit à l’épaule, il sentit le feu parcourir ses veines et la souffrance obscurcir sa vision. Mais il ne ralentit pas.

Il savait que s’arrêter signifiait mourir.

Chaque foulée supplémentaire lui donnait une chance de s’en sortir.

Serrant son bras contre lui, il n’avait plus qu’une seule idée en tête – atteindre la grille. C’était sa seule chance.

Malgré les ténèbres, il la vit soudain. Là, juste à quelques mètres.

Sans ralentir, il se jeta dessus.

L’escalader ne fut pas une mince affaire avec un seul bras valide.

Alors que sa main tentait de s’accrocher pour ne pas tomber, il sentit le métal froid pénétrer sa chair. Des barbelés.

Comment avait-il pu les oublier ? Mais à présent, il n’avait le temps ni de les couper ni de les contourner.

Essayant de faire abstraction de la douleur qui se répandait à présent dans son autre bras, il réussit à basculer de l’autre côté. Sa jambe se prit dans les crocs de métal et il sentit sa chair se déchirer alors qu’il chutait de trois bons mètres.

Il se releva tant bien que mal. Il devait continuer. Ne pas s’arrêter.

Mais sa jambe blessée ne voulait pas avancer et ce n’est que par la force de la volonté qu’il arriva à atteindre le petit bosquet qui se trouvait là.

Derrière, il entendait les aboiements des chiens lancés à ses trousses.

Avancer.

Il savait que juste devant, une voiture devait l’attendre. Mais il fallait encore arriver jusque-là.

Pourquoi les arbres n’en finissaient-ils pas ?

Enfin, il crut distinguer une obscurité moins compacte que la broussaille alentour. Et il entendit les chiens se rapprocher.

En mobilisant ses dernières forces, il accéléra la cadence, ignorant son corps qui hurlait de douleur. Et il sortit enfin de l’abri des arbres.

Là, une route de terre battue s’étendait à n’en plus finir bordée de part et d’autre par des champs. Et rien d’autre.
Pas de voiture.

Le désespoir le fit s’arrêter net.

Il était fini. Plus aucun moyen de s’en tirer. Continuer à courir ne servirait à rien. Les chiens le rattraperaient en moins de temps qu’il ne faudrait pour le dire.

La seule chose qu’il pouvait faire était attendre la mort.

Il se retourna vers le bosquet et les ténèbres.

Aux aboiements étaient venues s’ajouter des voix humaines. Il vit la lumière des torches déchirer l’obscurité, se braquer sur lui.

Il ne fit pas un mouvement pour esquiver la balle qui l’atteignit à la tempe.
Journalisée

Ayaquina
Fleurs en pot sur le rebord de la fenĂŞtre
**
Messages: 50



Voir le profil WWW
« Répondre #8 le: 02 Aot 2010 à 09:27:41 »

 :icon15:AĂŻe!

J'ai bien ressenti la chair arrachĂ©e par les barbelĂ©s et la balle dans la tempe! C'est un peu court pour dire ce que je pense du fond, mais ce qui est sĂ»r c'est que ton Ă©criture est efficace.  blink
Journalisée

Je désire l'impossible, et un peu plus encore si c'est possible... et même si ça ne l'est pas. (Fernando Pessoa)
http://sylviadaluz.over-blog.com
Sej
Jardinier émérite
****
Messages: 415



Voir le profil WWW
« Répondre #9 le: 02 Aot 2010 à 21:30:16 »

Chouette, merci, j'aime bien martyriser les personnages  grandrir

La version complète se trouve par lĂ  : http://plumedargent.com/viewstory.php?sid=745 et il faudrait que je m'y remette dans ce texte, j'ai bloquĂ© vers le milieu du chapitre 2  icon_ninja2
Journalisée

Pages: [1]
Imprimer
 
Aller à: